Mercredi 8 septembre :
Nous sommes sur le circuit de Nevers
Magny-Cours, mon rêve de toujours va enfin se réaliser !
Je vais participer à mon 1er Bol d'Or, mes 1er 24H00, je n'y crois encore
pas mais les essais approchent et l'ambiance des paddocks est géniale !
Je roule sur la #55, Team performance 55 avec Pascal MICHEL et Franck GAZIELLO.
La moto est supervisée par Vincent NOUYRIGAT, que j'ai souhaité
avoir à mes côtés, j'ai une entière confiance en lui
pour le setting de la moto.
Je pars la 1ère pour les essais libres
(1er tours de roues avec la moto). C'est la catastrophe, elle est inroulable
! Impossible d'accélérer en sortie de courbe ou de garder gazz
en grand après Estoril, elle guidonne comme une folle. Je suis rentrée
au moins 5 fois pour que Vincent travaille sur les réglages.
Franck
reprend le guidon et trouve la moto roulable. Puis Pascal ne sent rien, elle est
très bien à ses yeux. Mais je sais pertinemment que si nous partons
comme ça pour les qualifs, nous sommes grillés. Enfin, c'est comme
ça. Yannick et Vincent travaillent jusqu'à point d'heure pour optimiser
la moto.
Jeudi 9 septembre :
C'est Pascal, pilote
bleu, qui part pour la 1ère qualif. Il roule en 1'55, ce qui est
très moyen pour espérer être qualif' ! Je sais que Franck
roulera à 100% des ses capacités. Il part le 2ème , pilote
blanc et descend son chrono dans les premiers tours en 1'51 et quelques.
Mais la séance est interrompue suite à une triple chute. La 55
ne revient pas, nous comprenons de suite que Franck est tombé, ou plutôt
s'est fait prendre en sandwich par 2 autres pilotes.
Résultat
: un pied cassé, pas de qualif pour moi et la moto en vrac !
Fourche,
bras oscillant, cadre, carter moteur et j'en passe sont touchés. Nous n'avons
pas de moto T. Seulement un mulet. On me dit que la moto sera remontée
que pour le vendredi mais il y a un HIC ! Les essais de nuit sont obligatoires
sinon nous ne pouvons pas accéder aux 2ème qualifs. Tous le monde
s'affère sur la machine et bosse plus de 5 heures dessus pour que je puisse
valider 3 tours de nuit.
Je monte sur la moto à 21h45, il reste
15 minutes avant la fin des essais. La moto est bloquée en 3ème,
je me lance dans l'arène, je ne dépasse pas les 100 Km/h
et je me fais déboîter à plus 280 Km/h !!! Je reste
sur le côté mais je pense au pire, il fallait que je gère
avec l'embrayage et surtout que je prenne les courbes en roues libres. Je n'ai
jamais eu aussi peur de ma vie, de se dire, je ne vais jamais rentrer sur
mes roues ! Je garde la tête froide et valide enfin mon 3ème tour
ou j'arrive au stand sans grabuge. Ouf ! mon but est atteint, je vais pouvoir
faire ma qualif.